Johannes au labo, inspirations contemporaines à partir des sonates de Brahms
| 26 juin 2021 | Musikzen |
Brahms aujourd’hui…
L’ensemble de musique de chambre Des Equilibres a eu l’idée de commander à trois compositeurs trois oeuvres en écho aux trois sonates pour violon et piano de Brahms. Philippe Hersant, Nicolas Bacri et Graciane Finzi ont donné suite, avec des oeuvres pour la même formation, ce qui sans doute était dans le contrat. C’est à la sonate n°1 en sol majeur opus 78 que Philippe Hersant s’est attaqué. Composée par Brahms en 1878-1879, elle serait « le pendant chambriste de son immense concerto pour violon ». Toujours est-il que Regenlied (Chant de pluie) – titre faisant référence à celui parfois attribué à l’opus 78 – débute par une sorte de cadence pour violon et se déroule parfois de façon théâtrale, en général sans heurts. Nicolas Bacri, dans In Anlehnung an Brahms (En s’appuyant sur Brahms), prend comme point de départ la sonate n°2 en la majeur opus 100. Comme celle d’Hersant, sa pièce, d’un seul tenant mais en plusieurs sections, dure 17 minutes. Elle est plus sombre, assez tourmentée. Graciane Finzi s’est penchée sur la sonate n°3 en ré mineur opus 108. Comme elle, son Winternacht (Nuit d’Hiver) – de nouveau un titre en allemand – est en quatre mouvements, mais sans le coté tourmenté de l’original. Peut-on, ici comme précédemment, parler d’original ? Pas vraiment, ni d’un « A la manière de ». On a là, nous dit-on, de « nouveaux univers et paysages sonores » inspirés par trois sonates « aussi géniales que différente entre elles ». Soit. Une expérience valant en définitive le détour, avec un Johannes Brahms restant en son temps plutôt que traversant les siècles.
Marc Vignal